Le brave soldat Chvéïk, de Jaroslav Hasek

Le brave soldat Chvéïk, de Jaroslav Hasek dans roman

Extraits :

« Pour moi, je crois qu’il n’y a rien de plus beau que de se faire perforer par une baïonnette, dit Chveik, et ce n’est pas si mauvais que çà non plus de recevoir une balle dans le ventre, ou bien de se faire mettre en pièce par un shrapnell. On doit être plutôt étonné de voir ses jambes et son ventre fausser compagnie au reste du corps. On a le temps d’être mort avant d’avoir compris ce qui vous arrive. »

« Je vous déclare avec obéissance que j’ai été reconnu par les médecins militaire comme étant un crétin notoire »

L’histoire :

Récit satirique et picaresque,  l’histoire du brave soldat Chvéïk démarre en 1914 et se déroule sous l’empire Austro-Hongrois.  Anti-héros par excellence, le soldat Chvéïk évoque une sorte de Don Quichotte dont les tribulations l’amène à rencontrer toute une galerie de personnages : militaire tyrannique, prêtre libidineux et poivrot etc. A travers eux, l’auteur brocarde la bureaucratie, l’armée, l’église, les trois piliers de l’empire Austro-hongrois. Face à l’adversité, à l’injustice, le soldat Chvéïk a une arme imparable : sa candeur, son ingénuité désarçonnante au plus haut point.  Au fil des pages on finit par s’enticher pour ce brave Chvéïk aussi idiot qu’il est attachant.  Jaroslav Hasek a su donner, à travers son humour,  une portée universelle à ce roman. Face à l’absurdité du monde, à l’arbitraire, Jaroslav Hasek envoie son arme de destruction massive : Le brave soldat Chvéïk.

Références :

Le brave soldat Chvéïk, Folio, Gallimard 1932

 dans roman

Publié dans : roman | le 23 avril, 2012 |2 Commentaires »

« La route », de Jack London

Extrait

« Mon quart de dollar me procura un repas chaud à Laramie ; sitôt après je sautais sur le wagon postal d’un train de voyageurs qui grimpait sur la crête des montagnes Rocheuses. On ne monte pas, en général, sur un tel wagon en plein jour, mais par ce blizzard je doutais que que les gardes-frein eussent le courage de me chasser. Et ils s’abstinrent en effet. Cependant à chaque arrêt, ils se firent un devoir de venir vérifier si je n’étais pas encore gelé. «  

Le roman

Je viens de terminer mon premier Jack London !.

Pendant longtemps, j’ai eu du mal à dissocier l’écrivain américain de « Croc Blanc » et son inévitable chien de traineau en couverture  des éditions jeunesse. London m’évoque irrésistiblement un cliché de la littérature jeunesse, celui de l’enfant aventurier (souvent un jeune garçon) et son fidèle compagnon (souvent un chien). Si la nature, l’aventure font effectivement partie des thèmes fétiches de London, il suffit de se plonger dans sa bibliographie pour découvrir un écrivain bien plus engagé qu’on ne pouvait le penser (c’était mon cas).  La jeunesse de l’écrivain est une vie d’errance, de petits boulots à la pelle… autant d’expériences qui forgeront un caractère et une conscience politique chez l’auteur de « Le peuple d’en bas », « Révolution » ou « comment je suis devenu socialiste ».

Publié en 1907,   »La route » raconte les années 1894-1895 de London,  sa vie de hobo (il fait une définition plus juste de ce terme dans le roman), de vagabond. Ces » hobo » sont des sans-domicile itinérants qui traversent le pays comme passagers clandestins dans les trains de marchandises qui sillonnent l’Amérique du Nord. A cette époque, le chômage, la dureté des conditions de travail, les maltraitances, l’arbitraire poussent beaucoup de jeunes à partir à travers les Etats Unis par nécessité et par goût de la liberté. Jack London va ainsi passer 4 ans à ‘brûler le dur’ (voyager sans tichets) et en tirer ce récit édifiant et passionnant. L’auteur prend un réel plaisir à nous raconter milles anecdotes (on le suspecte parfois de « tourner » certaines d’entres elles à son avantage) et nous une jubilation sans fin à découvrir ces histoires vagabondes bien à l’abris dans nos chaumières.

De l’action, de l’aventure donc, mais pas seulement ! conscience politique et indignation imprègnent aussi les pages de ce roman, mais sans misérabilisme aucun.   »La route » n’est pas un brûlot contestataire mais d’abord un hymne à la liberté, à l’aventure, la vie quoi !

 

 

Publié dans : roman | le 9 avril, 2012 |Pas de Commentaires »

« l’Amérique », de Franz Kafka

 

Le roman

C’est un roman inachevé où Kafka imagine les pérégrinations d’un jeune allemand de 16 ans, envoyé en Amérique du nord par ses parents pour éviter un scandale et sauver l’honneur de la famille. Kafka n’est jamais allé aux Etats Unis mais on comprend sa fascination pour « l’Amérique », depuis longtemps une terre d’immigrés, de fantasmes, d’aventures.

Les ambiances de « l’Amérique » de Kafka préfigurent déjà celles du « château » et du « procès« . On y retrouve les thèmes cher à Kafka, la culpabilité, l’absurdité,  l’impuissance devant le pouvoir, l’arbitraire. Si les premières pages évoquent l’arrivée du jeune Karl Rossmann dans la baie de New York, les amateurs de romans d’aventures vont vite déchanter, après une interprétation trés personnelle de la statue de la liberté (portant un glaive) l’auteur enchaîne sur un long huis clos où notre jeune héros prends en vain le parti d’un soutier en conflit avec le commandant du navire.  S’ensuit une longue série de rencontres improbables, de hasards (pas souvent heureux), de situations étranges, qui vont constituer au fil des pages une sorte de roman d’apprentissage. Du kafka pur jus dans la veine de son roman « Le château ».

Publié dans : roman | le 7 avril, 2012 |Pas de Commentaires »

« Travaux », de Georges Navel

Extraits

« Dans le noir du wagon, je reprenais un supplément de sommeil, prés des ombres transies. le train filait dans cette banlieue d’usines à produits chimiques. C’était beau de temps en temps, en passant prés des vitrages d’une fonderie violemment éclairée« .

« Quelle vie morne ! Chaque jour la même chose. Le train matinal, à la descente, le moutonnement des dos dans le petit jour, la même odeur, dans le vestiaire, un peu croupie, de serviette mouillée, de savon noir et de bleus de travail, le même bruit des petites portes de fer quand les compagnons refermaient leurs placards. » 

Le roman

Il ne faut pas se fier au premier de couverture, « Travaux » n’est pas un roman régional, de ceux qui fleurissent dans les vitrines des maisons de la presse avec leurs couvertures bucoliques et leurs personnages bons comme du bon pain.

De l’école où il n’a rien apprit, aux différents travaux qui ont jalonnés sa vie ( ouvrier d’usine, coupeur de lavande, cueilleur de fruits, terrassier…)  Navel se raconte en évoquant tour à tour l’absurdité du travail à la chaîne, les vendanges, l’art de faucher, la fierté du terrassier, la beauté de la nature… Ni plaidoyer ni réquisitoire contre le travail, l’auteur qui fut ouvrier et écrivain décrit l’absurdité d’un monde ou le labeur abrutit et altère l’homme quand il devrait l’épanouir et l’élever. Paru au lendemain de la guerre, servi par une belle écriture,  »travaux » offre un  regard toujours aussi pertinent sur le travail.

A lire d’urgence !

Références

Travaux de Georges Navel, Folio, Gallimard 2008.

Si vous avez aimé, essayez…

L’établi de Robert Linhart, Minuit

Tribulation d’un précaire de Iain Levison, Liana Levi

Publié dans : roman | le 4 avril, 2012 |Pas de Commentaires »

« L’homme sans talent », de Yoshiharu Tsuge


L’histoire

Un dessinateur de manga décide d’abandonner le dessin par lassitude. Velléitaire, il s’essaie à différentes activités, s’enthousiasme pour la vente d’appareils photos endommagés qu’il répare et revend à des collectionneurs. Son activité connait des hauts et des bas, il se lance ensuite dans la vente de pierres pour la décoration de jardins japonais miniatures.

Loin de compenser les revenus et le train de vie passé, ses nouvelles activités lui font perdre peu à peu l’estime et le soutien de sa femme. Tenté par l’oisiveté, fasciné par les marginaux, poètes et mendiants, il imagine une autre vie, misérable mais débarrassé de toutes ses obligations, travail, famille, argent. L’homme sans talent est ici un homme sans révolte, un être mélancolique, nostalgique et désarmé face au monde qui l’entoure. A travers son personnage, c’est l’auteur de cette presque-autobiographie qui s’interroge sur le sens de sa vie dans un Japon qu’il considère comme de plus en plus individualiste et occidentalisé.

L’auteur

Yoshiharu Tsuge est un auteur japonais de bande dessinée.  Influencé par Osamu Tezuka et les gekigas (mangas sombres abordant les problèmes sociétaux et destinés aux adultes).  Son influence auprès des auteurs des années 1970 a été déterminante. L’Homme sans talent est son seul manga paru en France (en 2004 chez Ego comme X). Il a été nommé en 2005 pour le Prix du meilleur album au Festival d’Angoulême.

imagebd1blog dessinateur dans manga

Lien

Un entretien passionnant avec l’auteur à lire sur le site des éditions ego comme x  c’est ici : http://ego-comme-x.com/spip.php?article549

Publié dans : manga | le 27 mars, 2012 |1 Commentaire »

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