« La route », de Jack London

Extrait

« Mon quart de dollar me procura un repas chaud à Laramie ; sitôt après je sautais sur le wagon postal d’un train de voyageurs qui grimpait sur la crête des montagnes Rocheuses. On ne monte pas, en général, sur un tel wagon en plein jour, mais par ce blizzard je doutais que que les gardes-frein eussent le courage de me chasser. Et ils s’abstinrent en effet. Cependant à chaque arrêt, ils se firent un devoir de venir vérifier si je n’étais pas encore gelé. «  

Le roman

Je viens de terminer mon premier Jack London !.

Pendant longtemps, j’ai eu du mal à dissocier l’écrivain américain de « Croc Blanc » et son inévitable chien de traineau en couverture  des éditions jeunesse. London m’évoque irrésistiblement un cliché de la littérature jeunesse, celui de l’enfant aventurier (souvent un jeune garçon) et son fidèle compagnon (souvent un chien). Si la nature, l’aventure font effectivement partie des thèmes fétiches de London, il suffit de se plonger dans sa bibliographie pour découvrir un écrivain bien plus engagé qu’on ne pouvait le penser (c’était mon cas).  La jeunesse de l’écrivain est une vie d’errance, de petits boulots à la pelle… autant d’expériences qui forgeront un caractère et une conscience politique chez l’auteur de « Le peuple d’en bas », « Révolution » ou « comment je suis devenu socialiste ».

Publié en 1907,   »La route » raconte les années 1894-1895 de London,  sa vie de hobo (il fait une définition plus juste de ce terme dans le roman), de vagabond. Ces » hobo » sont des sans-domicile itinérants qui traversent le pays comme passagers clandestins dans les trains de marchandises qui sillonnent l’Amérique du Nord. A cette époque, le chômage, la dureté des conditions de travail, les maltraitances, l’arbitraire poussent beaucoup de jeunes à partir à travers les Etats Unis par nécessité et par goût de la liberté. Jack London va ainsi passer 4 ans à ‘brûler le dur’ (voyager sans tichets) et en tirer ce récit édifiant et passionnant. L’auteur prend un réel plaisir à nous raconter milles anecdotes (on le suspecte parfois de « tourner » certaines d’entres elles à son avantage) et nous une jubilation sans fin à découvrir ces histoires vagabondes bien à l’abris dans nos chaumières.

De l’action, de l’aventure donc, mais pas seulement ! conscience politique et indignation imprègnent aussi les pages de ce roman, mais sans misérabilisme aucun.   »La route » n’est pas un brûlot contestataire mais d’abord un hymne à la liberté, à l’aventure, la vie quoi !

 

 

Publié dans : roman |le 9 avril, 2012 |Pas de Commentaires »

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